L’étude européenne de PwC confirme le rôle de véritable levier du fonds de roulement sur la rentabilité des entreprises

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Bruxelles – Le 10 décembre 2009.  PricewaterhouseCoopers a publié son étude annuelle sur la gestion et l’évolution du fonds de roulement des entreprises en Europe. L’objectif cette année était d’aller au-delà des indicateurs classiques de performance (DSO, DPO et DIO) pour mettre en évidence le rapport entre fonds de roulement et résultats nets.

De manière assez surprenante, aucun effort majeur ne semble avoir été consacré aux fonds de roulement pendant toute la période 2004 - 2008 (en d’autres termes, depuis la dernière récession importante), avec un ratio moyen de fonds de roulement de 21,7% en 2008, comparé à 22,2% en 2004. Les améliorations mineures en termes de gestion des créances ont largement été érodées par une réduction du nombre de jours moyens pour le crédit-fournisseurs (DPO) et un ralentissement des rotations de stocks. L’étude révèle entre autres qu’une amélioration du fonds de roulement du quartile moyen au quartile supérieur peut générer pour certains secteurs une amélioration du RONA (Rendement sur Actif Net) allant jusqu’à 15,5%.

Cette étude annuelle européenne ne prétend pas fournir des réponses complètes sur la manière dont les entreprises devraient gérer leurs fonds de roulement ; elle vise en revanche à fournir d’une part une base de comparaison pour aider les entreprises à se situer par rapport à leurs pairs au sein d’un même secteur d’activité, et d’autre part, à fournir une base d’appréciation des solutions disponibles pour améliorer leurs performances. En procédant de la sorte, chaque CEO ou CFO veillera à ce que son entreprise soit correctement préparée pour surmonter les périodes difficiles et créer les conditions propices à une croissance durable.

Les entreprises interrogées dans le cadre de l’enquête

L’étude couvre 969 sociétés cotées originaires de 11 pays européens (la Belgique, la Finlande, la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, l’Espagne, la Suède, la Suisse, la Pologne et le Royaume-Uni) et se fonde sur des données d’analyse mises à la disposition du public relatives à la période 2004 - 2008.

 

Partie 1 : Analyse des performances du fonds de roulement

Aucune amélioration importante du fonds de roulement moyen en Europe ne s’est concrétisée depuis 2004, mais nous nous attendons à des changements en 2009.

Ratio moyen européen du fonds de roulement

Schéma 1 : Ratio moyen européen du fonds de roulement

La dernière réduction importante du fonds de roulement s’est produite en 2004 et pourrait être considérée comme une réaction à la dernière récession (schéma 1). Depuis lors, le ratio de fonds de roulement ne s’est amélioré que de 0,5%. Avec un niveau de 15,4% en 2008, les entreprises belges cotées ont amélioré le ratio de leur fonds de roulement de moins de 1%, comparé à 2004.

Ceci laisserait indiquer que le fonds de roulement n’a pas été au cœur des préoccupations des entreprises, ce qui s’explique en partie par la facilité d’accès aux liquidités et les taux d’intérêt historiquement bas pendant la majeure partie de cette période de croissance économique. Néanmoins, à la fin de 2008, nous avons observé que bon nombre d’entreprises avaient lancé des projets relatifs au fonds de roulement dont les premiers résultats positifs devraient déjà se profiler en 2009.

Les créances ont été au centre des préoccupations

Evolution des jours moyens relatifs aux DSO, DIO et DPO

Schéma 2 : Evolution des jours moyens relatifs aux DSO, DIO et DPO

Si l’on observe les modifications des composantes sous-jacentes au fonds de roulement, le développement le plus remarquable est que le DSO (Days’ Sales Outstanding – nombre de jours avant de recevoir le paiement du client) a diminué de cinq jours entre 2004 et 2008, et de neuf jours depuis 2005 (les entreprises belges ont été en mesure de réduire ces chiffres de 6 jours sur la même période). Ces chiffres varient en fonction des secteurs d’activité et des pays, comme le souligne l’enquête détaillée, mais met toutefois en évidence le fait que les entreprises se sont essentiellement focalisées sur leurs clients pour améliorer leurs fonds de roulement, s’efforçant d’être payées plus rapidement. Les techniques bilantaires et hors bilan telles que la titrisation ont été en vogue auprès des entreprises et ont renforcé cette situation.

Au même moment, le DPO moyen (Days’ Purchases Outstanding – nombre de jours avant de payer ses fournisseurs) s’est réduit d’un jour comparé à 2004 (1,5 jour en Belgique) et même de quatre jours comparé à 2007 (presque trois jours en Belgique). Ceci peut être aisément lié au changement de DSO, la réduction du DSO des fournisseurs ayant un impact négatif sur le DPO des acheteurs.

Finalement, nous observons que le DIO (Days’ Inventory Outstanding – nombre de jours qu’un bien reste en stock) a empiré quelque peu sur cette période, de deux jours (par rapport aux tendances européennes, les entreprises belges ont été en mesure d’améliorer leur DIO de 2,5 jours).

Les entreprises devront se focaliser davantage sur leur cycle de stocks (forecast-to-fulfil cycle) si elles souhaitent améliorer considérablement leurs fonds de roulement.

Damien McMahon, Partner auprès du département Financial Management and Corporate Reporting, confirme :

« En effet, alors que les objectifs des DSO et des DPO restent au centre des priorités, il pourrait y avoir une limite à la pression que les clients et fournisseurs pourraient supporter des grands groupes en cette période économique difficile. Alors que par le passé, bon nombre d’entreprises avaient agressivement joué sur les délais de paiement, faisant levier sur leur position de marché, nous avons assisté l’an dernier à une augmentation des approches plus collaboratives, prenant également en considération le risque lié à la rupture de la chaîne d’approvisionnement. Cette tendance se poursuivra certainement à l’avenir. »

« Le prochain défi à relever pour les entreprises européennes est d’améliorer considérablement leurs chaînes d’approvisionnement et modèles de distribution, faisant levier sur les investissements réalisés au cours de ces dernières années dans le domaine des technologies de l’information. Alors que la crise a poussé les entreprises à se focaliser sur des actions produisant des résultats rapides, notamment dans les processus de recouvrement, les changements majeurs réels en fonds de roulement résident à présent dans l’optimisation de la chaîne d’approvisionnement, qui requiert des changements structurels sous-jacents. »

Partie 2 : Lien entre fonds de roulement et rentabilité

Un déplacement vers le quartile supérieur peut affecter de manière positive le rendement sur actif net pouvant aller jusqu’à 15%

Fonds de roulement, NOPAT et RONA – analyse de l’impact

Schéma 3 : Fonds de roulement, NOPAT et RONA – analyse de l’impact

Bien que le contrôle et la réduction des coûts soit un mal nécessaire pour survivre dans l’environnement actuel, il ne faut pas oublier que les performances d’une entreprise sont également influencées par les postes du bilan et, plus précisément, par le fonds de roulement. Se concentrer sur les éléments du fonds de roulement permet non seulement de soutenir l’entreprise en cette période de faible activité, mais aussi de transmettre le message positif que l’entreprise lutte efficacement pour éliminer les inefficacités et lancer des initiatives durables à long terme.

L’étude simule l’impact d’une amélioration du fonds de roulement sur le RONA pour chaque secteur d’activité et montre des résultats surprenants.

Pour évaluer ce potentiel d’amélioration, pour chaque industrie, nous avons en premier lieu calculé l’amélioration du ratio de fonds de roulement, du quartile moyen vers le quartile supérieur du secteur d’activité. Nous avons ensuite évalué l’impact de cette amélioration sur le RONA et l’augmentation équivalente du NOPAT (« Net Operating Profit After Tax ») qui serait nécessaire pour atteindre le même résultat. Par exemple, les entreprises dans le secteur du détail amélioreraient le rendement de leurs actifs nets de 8,5% si elles atteignaient le niveau de quartile supérieur pour leur fonds de roulement.

Des différences importantes entre secteurs d’activité sont observées. En effet, l’impact positif sur le RONA est essentiellement lié à la marge d’amélioration éventuelle relative du secteur et au niveau moyen du fonds de roulement dans le secteur concerné. Les ventes moyennes sont également considérées comme un facteur à prendre en considération dans ce type de simulation.

Didier Vandenhaute, Director auprès du département Financial Management and Corporate Reporting, ajoute :

« La simulation met en évidence l’effet très positif sur les résultats que l’amélioration du fonds de roulement peut effectivement avoir. Pour quelles raisons dès lors les sociétés ont-elles si souvent tendance à se concentrer davantage sur leur compte de résultat plutôt que sur leur fonds de roulement ? Notre expérience prouve que la réponse réside dans une association de facteurs. La disparité humaine dans la gestion du fonds de roulement au sein d’une entreprise, le manque d’engagement de certains cadres dirigeants et les ressources insuffisantes sont notamment les raisons les plus couramment mentionnées. Alors que ces derniers mois ont montré que la gestion du fonds de roulement est au centre des attentions, ceci ne s’est pas encore traduit dans les chiffres de fin d’exercice. »

Si vous souhaitez recevoir l’étude complète, ainsi que les chiffres détaillés par pays, consultez notre page : European Working capital study 2009.