PwC et le secteur Transport & Logistique se réunissent en congrès

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Ce jeudi 3 décembre à Breda, à la veille de Copenhagen, PwC a tenu un congrès sur l’avenir du secteur du transport et de la logistique auquel 65 professionnels belges et néerlandais ont participé. L’occasion est une nouvelle étude de PwC : « Transport & Logistics 2030 ». Parmi les thèmes abordés figuraient la rareté de l’énergie, les changements climatiques et une (r)évolution des modes de transport et leur impact sur les supply chains. Quels sont les changements essentiels en vue dans le secteur du transport et de la logistique ? Comment devons-nous réagir dans nos pays ou, mieux encore, comment devons-nous anticiper la situation ?

Les changements climatiques, la flambée des prix de l’énergie et la rareté des combustibles fossiles sont des défis auxquels est confronté le secteur du transport et de la logistique (T&L), tant aujourd’hui qu’à l’avenir ; c’est ce qui ressort du nouveau rapport publié par PwC (PwC).

Dans cette enquête récente réalisée auprès d’experts du secteur T&L, plus de la moitié des personnes interrogées prédisent un scénario ne comportant aucun bouleversement majeur d’ici 2030 en ce qui concerne la hausse des prix de l’énergie et  l’utilisation des sources d’énergies alternatives.

« La majorité des participants considère néanmoins la réduction des émissions de CO2 et autres (telles que l’oxyde d’azote et le bruit) comme un objectif durable, tant à court terme qu’à long terme, » commente Peter Van den Eynde, Lead Partner au sein du groupe Transport & Logistique chez PwC en Belgique.

Presque 70% des personnes interrogées prévoient que d’ici 2030, toutes les émissions seront retracées dans la chaîne de distribution et incorporées dans les prix des produits.

Une autre conclusion qui ressort de l’enquête est que l’on s’oriente vers une utilisation plus flexible et plus efficace des moyens de transport. Selon la majorité des personnes interrogées, des systèmes autonomes et d’autocontrôle, comme les systèmes intelligents et les véhicules avec pilote automatique, révolutionneront le transport du fret.

« Le contrôle continu en temps réel du flux des marchandises va fortement améliorer l’efficacité et la durée des processus, » ajoute Peter Van den Eynde.

Voici jusque là les conclusions qui se sont dégagées du rapport international de PwC, point de départ des discussions menées lors du congrès.

Lors du débat animé sur l’avenir du secteur, la discussion s’est rapidement orientée sur le manque de vision stratégique à long terme dans le secteur :

« Ce secteur d’activité ne se projette pas à long terme. Pourquoi la technologie n’est-elle pas utilisée de manière plus intensive et plus efficace ? Nous accusons désespérément du retard. A la lecture de ce rapport de PwC sur le secteur T&L, je suis choqué par l’absence d’innovation et de projection vers l’avenir. L’enquête révèle d’ailleurs peu de confiance à inverser la tendance grâce aux innovations, » indique Martin Blockland, Partner chez PwC Pays-Bas.

Le Professeur Willy Winkelmans, qui tempère le panel de discussion, confirme : « Si nous souhaitons contrôler l’avenir, nous devons l’inventer ». Selon le Livre vert de l’Union européenne pour 2020, nous devons évoluer vers un système intégré et convivial, axé sur la technologie ».

« En effet » répond Bert Kuypers, Managing Partner au Département Advisory Services de PwC en Belgique, « nous devons construire nous-mêmes notre avenir ; l’économie et l’écologie doivent aussi travailler de concert. Grâce à la technologie et l’informatisation, nous pouvons mieux gérer la chaîne d’approvisionnement. »

La technologie et l’automatisation aux Pays-Bas et en Belgique ont cependant encore du chemin à parcourir, comparé à ce qui est actuellement réalisé en Chine.  Les processus de changement se mettent en place à une vitesse prodigieuse.

« Ainsi, on est en train d’élaborer à Shanghai un projet qui permettra la sous-traitance directe au départ du port via une plate-forme de distribution souterraine. 
Nous sommes occupés à améliorer ce qui existe déjà, ils innovent, » souligne le Professeur Winkelmans.

Et Christian Leysen, Président d’Ahlers, d’ajouter : « Les rapports de force dans le monde changent avec une rapidité déconcertante et le fossé se creuse de plus en plus. Nous ne sommes pas le centre du monde. Nous commençons à accumuler du retard. Si l’économie chinoise est attrayante, les chinois vont conclure des accords politiques dans leur propre région. Nous n’avons plus de temps à perdre. »

Dans l’enquête internationale de PwC sur l’avenir du secteur Transport &Logistique,
60% des personnes interrogées considèrent qu’une concentration des capacités de transport, par exemple en recourant au transport par camions de plus de 60 tonnes (« mega trucks ») ou à des navires porte-conteneurs géants va compenser le problème de la hausse des coûts. La moitié des personnes interrogées considère que la part du transport routier continuera d’augmenter dans le transport total du fret.

Christian Leysen lance la question : « Toujours plus d’économies d’échelle : où cela va-t-il se terminer ? »

« Dans le domaine du transport maritime, la croissance est encore possible, » affirme Bert Kuypers, « mais au niveau du pays, nous commençons atteindre nos limites en Europe à cause de la grande densité. Nous devons chercher des manières plus astucieuses de compenser les économies d’échelle décroissantes par des concepts technologiques innovateurs, comme nous venons de l’affirmer. »

« Le transport aérien a aussi atteint sa capacité maximale. Les fabricants recommencent à produire de plus petits boeings. Les avions qui utilisent la technologie actuelle voleront encore d’ici 2030 ! Nous devons donc plutôt modifier notre comportement et la gestion. La technique seule n’apporte pas de solutions, » déclare Enno Osinga, Senior Vice President Cargo de l’aéroport de Schiphol à Amsterdam.

Et une réaction du public confirme cette perception :

« Il y a aussi une limitation du transport terrestre. Seulement 42% de la capacité est utilisée. Comment remplir les containers au maximum ? Pourquoi ne pouvons-nous pas mettre en place une supply chain intégrée ? Nous devons produire et consommer autrement. Un changement de mentalité doit s’opérer à l’échelle mondiale. Mais qui en assume le leadership ? Qui contrôle ? Qui a le pouvoir ? Qui dispose des moyens financiers ? Nous avons besoin d’une « révolution verte ». »

Martin Blokland répond : « Le marché ne peut rien résoudre à lui seul, les gouvernements non plus. Mais ensemble, c’est possible. Les secteurs privé et public doivent collaborer davantage, en s’inspirant un peu du modèle chinois. »

« En effet, » conclut le Professeur Winkelmans, « on doit imputer les coûts sociaux – selon le principe du ‘pollueur payeur’ – pour réaliser un développement durable. Des changements à grande échelle sont nécessaires selon les principes du marché libre. »

  • Pour obtenir un exemplaire de l’enquête ‘Transportation & Logistics 2030 - How will supply chains evolve in an energy-constrained, low-carbon world?’, consultez  www.pwc.com/tl2030 ou www.tl2030.com.
  • PwC a interrogé 48 experts de 20 pays dans les 5 continents, en utilisant la méthode en ligne ‘RealTime Delphi’. Sur une période de six semaines, le panel d’experts a discuté et évalué différents scénarios pour le secteur T&L par une procédure en plusieurs étapes.