Dans le rapport « Back to the future », PwC (PwC), estime que les États qui sont intervenus pour soutenir des institutions financières en réaction à la crise financière mondiale doivent se préparer à ce que leur prise de participation s’inscrive dans un horizon à long terme. Une cession de ces participations au secteur privé semble extrêmement improbable à court terme compte tenu de la complexité de la situation spécifique de chaque institution financière, de la morosité des marchés et d’un environnement peu propice.
Selon Josy Steenwinckel, Financial Services Leader de PwC en Belgique :
« Il faut être réaliste : bien des États devront attendre plusieurs années avant de pouvoir céder leurs participations dans des institutions financières. Il faudra probablement deux à trois ans avant qu’ils puissent céder des blocs significatifs, et cinq à sept ans avant qu’ils soient en mesure d’organiser une cession définitive de leurs participations et des garanties connexes. À moyen terme, il leur faudra mettre en place des solutions crédibles et viables qu’impose la problématique budgétaire née de l'endettement sans précédent contracté à cette occasion. Ce faisant, il leur faudra éviter à la fois de freiner la reprise économique et d’obérer leur liberté d’action future. »
Jeremy Scott, Global Financial Services Chairman, PwC LLP, note d’ailleurs que :
« Puisqu’il est très peu probable que les États arrivent à s’extraire rapidement du secteur, ils doivent accepter de s’intéresser avant tout au rôle positif qu’ils peuvent jouer par leur implication directe dans ce secteur. Puisqu’ils vont conserver leurs participations dans les institutions financières, les États devront négocier une triple problématique politique majeure : apparaître comme des propriétaires « bons pères de famille » qui, outre les objectifs financiers immédiats, accordent une large importance aux objectifs sociaux et économiques à plus grande échelle ; rétablir la confiance, essentielle pour un fonctionnement efficace du système financier ; et mettre en œuvre des mesures crédibles destinées à combler les déficits budgétaires. »
Josy Steenwinckel, Financial Services Leader de PwC en Belgique:
« Les États ont devant eux un problème budgétaire colossal à résoudre, face au double choc des sauvetages publics et de la récession, aux conséquences de la crise financière qui, au-delà des banques et des marchés financiers, touchent également les secteurs de l’assurance, de l’épargne et de l’automobile. Les secteurs public et privé sont étroitement interconnectés, et le rapport de PwC en montre quelques ramifications. Il ne s’agit pas seulement de remettre à flot des institutions financières dépendantes de l’aide publique ou de consolider le secteur bancaire tout entier, actuellement considéré comme fragilisé : les États ont également un grand rôle à jouer pour combler les déficits budgétaires et pour rétablir la confiance des entreprises et des consommateurs.
Il va de soi que le calendrier de sortie des États est difficile à prédire : il dépendra des conditions de marché, des difficultés à valoriser les actifs et de la volatilité des marchés. Le rapport n’en présente pas moins des exemples de participations publiques parfaitement réussies.
L’expérience du sauvetage de banques dans des pays tels que la Suède, la Norvège et le Japon, ainsi que les récentes privatisations bancaires en Europe centrale et orientale montrent que les scénarios qui prévoient une cession rapide d'importants blocs d’actions par les États sont déplacés. Ce que nous apprennent avant tout les privatisations passées, c’est que les institutions financières ou les institutions non bancaires doivent faire l’objet d’un grand nettoyage avant leur revente. Pour assurer la gestion d’actifs toxiques ou en difficulté, les États, lorsqu’ils n’ont pas encore nationalisé les banques fragilisées, doivent mettre en place des mécanismes de suivi des actifs non performants. Cela peut passer par la création de structures de défaisance ou d’autres véhicules de titrisation, de sorte qu’au retour de la banque dans le secteur privé, sa bonne santé financière soit rétablie.
Les réactions ont été différentes d’un État à l’autre, selon leur degré d’implication individuelle. Certains ont ouvert des lignes de crédit, d’autres ont offert des garanties de passif, ou encore acquis des créances ou des actifs toxiques ; dans d'autres cas, l’État a acquis tout ou partie des actions. Selon le cas, il y aura lieu d’étudier soigneusement la voie de sortie la plus appropriée.
Pour Josy Steenwinckel, « les États, jusqu’ici, ont surtout veillé à stabiliser les institutions concernées, ou encouragé certaines activités de marché; ils se sont abstenus d’isoler les actifs en difficultés des banques ou de créer des mécanismes de fixation de prix et de marché efficaces pour ces actifs. Il est essentiel qu’ils fassent le nécessaire pour résoudre le problème de ces actifs non performants. De la sorte, les États pourront définir une approche à plus long terme et jouer leur rôle d’investisseur activiste, veillant ainsi au rendement financier, mais aussi au rendement social de leur investissement. »
Présentation du PwC Public Sector Research Centre
Le Public Sector Research Centre de PwC (www.psrc-pwc.com) a pour vocation de présenter des analyses et des rapports de recherche portant sur les opinions, comportements et meilleures pratiques relatives aux États et aux institutions du secteur public, partout dans le monde, et notamment sur l’interface entre le secteur public et le secteur privé. Nous puisons nos informations dans les réflexions et les publications de ces institutions elles-mêmes, dans notre réseau mondial, et auprès de laboratoires d’idées et d’institutions universitaires, en vue de promouvoir des échanges relatif aux problématiques et aux défis pressants auxquels sont confrontés les États et le secteur public au sens large.