PwC dévoile les perspectives d’avenir du secteur de la gestion d’actifs
La dernière parution de la série “The Day After Tomorrow’’ de PricewaterhouseCoopers (PwC) décrit les perspectives d’avenir en matière de gestion d’actifs. Elle met en évidence les effets profonds et durables de la crise financière. Le rapport présente un aperçu des nouveaux thèmes-clés dont dépend l’avenir du secteur. Il s’agit notamment de la maîtrise des pressions que subit le modèle opérationnel actuel ; la réaction des investisseurs institutionnels dans l’environnement d’après-crise ; la pression fiscale dans un contexte plus hostile ; la coopération entre les pays du G8 et ceux du G20 et l’avalanche prévue de réglementations financières ainsi que le problème délicat de la rémunération.
Les fonds d’investissement alternatifs seront au coeur de cette agitation. Outre le surcroît de réglementation et les contrôles fiscaux rigoureux qui résulteront de la volonté du G8-G20 d’éradiquer le système financier parallèle (shadow banking), l’offre de valeur du secteur devra gagner en transparence et en durabilité et être plus adéquatement rétribuée.
Le rapport décrit comment les modèles opérationnels ont été durement touchés par la chute sévère des marchés et les sorties des investisseurs qui ont provoqué ensemble une réduction des fonds gérés de l’ordre de 30 à 40%. Une longue période de volatilité des marchés, qui devrait se poursuivre à court terme, est un des premiers facteurs qui encouragent les firmes à rechercher de nouveaux modèles opérationnels, aptes à affronter les conditions difficiles et peu prévisibles des marchés. La pression sur les revenus et la lutte chronique de certains acteurs pour gérer leurs coûts, plus particulièrement le coût des rémunérations, forceront aussi certaines institutions à examiner si la gestion d’actifs doit rester une activité principale, tout particulièrement dans le cas des banques.
Ces nouveaux modèles opérationnels devront plus se recentrer sur l’investisseur. Tant les investisseurs particuliers qu’institutionnels ont perdu confiance dans le secteur ; en raison de l’ampleur de la crise et de ses conséquences financières, le secteur devra fournir des efforts radicaux, plutôt que compter sur la capacité d’oubli de la part des investisseurs. A défaut, en réaction, de nouvelles réglementations potentiellement contraignantes pourraient voir le jour et pourraient ne pas être en mesure de suivre le rythme des innovations financières.
De nouveaux modes de rétribution, tels que l’instauration de coûts fixes pour les services, qui brisent le lien entre les actifs gérés et les commissions, peuvent non seulement offrir une option plus stable à long terme mais permettraient aussi aux frais d’être indépendants du marché.
Selon Josy Steenwinckel, Financial Services Leader, PricewaterhouseCoopers Belgique:
« Les entreprises ne visent qu’à assurer leur survie et continuent de chercher des moyens de réduire les coûts à court terme pour pouvoir maintenir leur rentabilité. Elles doivent absolument évaluer globalement ce que signifie la gestion durable des coûts. Les mesures de réduction des coûts sont-elles suffisantes et ciblées, tout particulièrement dans le domaine de la conformité réglementaire et du reporting, pour affronter la nouvelle réglementation ?
« Les entreprises peuvent répondre à la volatilité du marché en cherchant de nouveaux modes de rémunération qui procurent un flux de revenus plus prévisible ou qui visent à réduire les coûts en ressources humaines. L’avenir n’est pas totalement sombre ; les gestionnaires d’actifs indépendants et les compagnies d’assurances pourraient trouver des opportunités de tirer profit de la recherche des banques à lever des capitaux par la cession de sociétés de gestion d’actifs. L’occasion donc, pour les gestionnaires et les assureurs, d’augmenter leur propre base d’actifs et d’assurer leur expansion. Les firmes, qui pourront aussi investir dans des domaines clés comme la conformité réglementaire, la gestion des risques et le reporting, en retireront un avantage direct dès que les effets de la réglementation joueront pleinement. »
Les gestionnaires d’actifs devront aussi lutter contre une charge fiscale accrue car les gouvernements commencent à augmenter les impôts pour compenser les déficits publics colossaux qu’ils ont accumulés depuis un an et demi. Les gestionnaires d’actifs devront évaluer comment se positionner eux-mêmes dans ce nouvel environnement, tout en protégeant leur entreprise de ces régimes fiscaux extrêmement stricts.
Et Olivier Hermand, Financial Services Tax Partner, de PricewaterhouseCoopers Belgique, de commenter:
« La pression fiscale se traduira par une application rigoureuse des règles fiscales, un colmatage plus rapide des failles et un environnement plus hostile. Les gestionnaires d’actifs n’auront d’autre choix que d’examiner comment ils se positionneront et se protègeront eux-mêmes de la pression fiscale excessive. En prime, l’étau fiscal se resserrera sur les investisseurs fortunés et leurs conseillers et on se focalisera davantage sur le droit sur la protection de la vie privée et sur l’évasion fiscale. »
« J’attends des gestionnaires d’actifs qu’ils commencent à se demander s’ils disposent des procédures et de l’expertise pour pouvoir suivre et mettre en place toutes les nouvelles mesures réglementaires. »
Des défis peuvent également surgir de la capacité des « hedge funds » assortis de risques d’illiquidité de percevoir sur des bénéfices non réalisés des commissions liées à la performance. Le marché pourrait faire pression pour glisser vers un modèle de commission du style « private equity » qui ne rémunère que les bénéfices réalisés. Bien que le rapport pointe des domaines d’inquiétude, les gestionnaires d’actifs qui sont capables de transformer les menaces en avantages opérationnels peuvent encore dénicher des opportunités.
Emmanuèle Attout, Partner Investment Management, de PricewaterhouseCoopers Belgique, déclarait:
« La transparence est un perpétuel stimulant, tant du côté des gestionnaires que des investisseurs. Les investisseurs institutionnels continueront à renforcer leur due diligence et les gestionnaires d’actifs devront réussir à mieux articuler le risque et la rémunération pour les investisseurs. Les gestionnaires doivent donc fermement maîtriser leurs propres stratégies, tout en accordant une attention particulière aux risques liés aux contreparties et à la liquidité. »
Le dernier point, et ce n’est pas le moindre, c’est que l’Asie deviendra le pôle d’attraction géographique par excellence des grands gestionnaires d’actifs. Épargnée par la crise financière, mais touchée par le ralentissement économique mondial, l’Asie sera la première à s’en sortir et représente dès lors une opportunité majeure. Les gestionnaires d’actifs qui peuvent continuer à investir dans le développement de leur entreprise dans cette région du monde en tireront un avantage concurrentiel significatif.