Les coûts salariaux belges élevés forment un sérieux handicap pour le passage à une économie de services

La Belgique est dans le peloton de tête en ce qui concerne la productivité de ses travailleurs. Les coûts élevés – tant les coûts salariaux que les coûts totaux – portent préjudice à ce beau score. En matière de ROI (retour sur investissement) sur les RH, la Belgique n’occupe pas, en moyenne, une meilleure position que le reste de l’Europe. Autre fait intéressant, les travailleurs restent plus longtemps chez le même employeur qu’il y a six ans, époque à laquelle l’économie était pourtant plus maussade qu’aujourd’hui.

PricewaterhouseCoopers a mené une vaste étude à propos du ROI sur le capital humain. Le bilan social de 530 entreprises belges a été comparé aux résultats de plus de 10 000 entreprises européennes. Les institutions financières et les bureaux d’intérim n’ont pas été pris en compte en raison de la difficulté de les intégrer dans la comparaison.

La Belgique se situe dans le haut du classement en ce qui concerne la productivité en Europe. Il s’agit du chiffre d’affaires réalisé par équivalent temps plein (ETP). Si l’on compare les médianes, la Belgique occupe la deuxième place, derrière l’Irlande, avec une médiane de 249 424 EUR de chiffre d’affaires par ETP, contre une médiane européenne de 172 032 EUR de chiffre d’affaires par ETP. La médiane est le score de la 265ème entreprise sur un groupe de 529 entreprises (une fois les résultats classifiés) ou celui de la 5000ème entreprise sur un groupe de 10 000. La productivité belge était déjà élevée en 2002. Elle a pourtant encore augmenté de 20 % entre 2002 et 2006. Il est également intéressant de noter la grande différence qui existe entre les 25 % d’entreprises qui affichent les meilleurs scores (171 % de la médiane) et les 25 % qui affichent les moins bons scores (56 % de la médiane). La moyenne globale se situe à 68 % au-dessus de la médiane, ce qui veut dire qu’un groupe d’entreprises belges a des scores suffisamment élevés pour faire grimper le score moyen bien au-delà du score de l’entreprise moyenne. L’étude ne permet pas de tirer des conclusions sectorielles de cette analyse. Que ce soit dans le peloton de tête ou le dernier segment, différents secteurs sont représentés.
Si l’on examine le bénéfice par ETP, l’image est différente. La Belgique passe de la 3ème (revenu/ETP) à la 7ème position. La médiane de notre pays est de 7136 EUR de bénéfice par ETP, un chiffre supérieur à la médiane européenne de 5520 EUR. Le bénéfice des entreprises belges a quand même augmenté de 113 % en cinq ans.

En analysant le ROI sur le Capital Humain, la Belgique perd sa position dominante. Le ROI sur le Capital Humain se calcule de la façon suivante :

chiffre d’affaires – coûts autres que les coûts de rémunération du personnel
coûts de rémunération du personnel

Un coup d’œil sur les coûts par ETP suffit à clarifier la situation. En Belgique, les coûts par ETP se chiffrent à 237 043 EUR (=médiane) par rapport à 165 747 EUR pour l’Europe. Les coûts étaient déjà élevés en 2002, mais ils ont encore augmenté de 18 % en cinq ans. Il s’agit des coûts totaux, pas uniquement des coûts liés au personnel. La Belgique occupe une 17ème place (le pays dont les coûts sont les plus bas occupe la première place). Pour le ROI sur les RH, la médiane belge (1,13) correspond environ à la médiane européenne (1,16). Concrètement, le chiffre belge signifie que 1 euro de salaire génère 1,13 euro de chiffre d’affaires. Cela représente une hausse de 13 % entre 2002 et 2006.

En examinant de plus près les coûts à proprement parler, il s’avère que les coûts non liés au personnel ont à peu près augmenté autant que les coûts liés au personnel (= l’ensemble de la rémunération et des avantages, ainsi que la sécurité sociale). Le coût de la rémunération n’est donc pas le seul à s’envoler. De manière globale, les coûts sont trop élevés en Belgique. Les coûts de rémunération représentent environ un cinquième des coûts totaux. La médiane du coût absolu de la rémunération belge est de 51 630 EUR, contre 38 703 EUR en Europe. En d’autres termes, si la Belgique parvient à faire baisser le coût absolu du personnel, elle sera mieux armée pour rivaliser sur le plan européen ; un élément non négligeable à l’époque de globalisation dans laquelle nous vivons... Pour tirer un véritable avantage concurrentiel, les coûts globaux doivent toutefois chuter.

« Dans l’économie de services en particulier, la composante rémunération fait plus largement partie des coûts totaux », explique Peter De Bley, Director chez PwC. « Il est évident qu’un glissement s’opère actuellement dans notre pays des environnements organisés industriellement vers une économie de services. Les coûts élevés liés au personnel, risquent de ralentir et de compliquer cette évolution », conclut Peter De Bley.

En ce qui concerne la formation et le développement du capital humain, la Belgique se situait en queue du classement lors de l’étude précédente. Un mouvement de rattrapage s’est amorcé ces dernières années, alors que sur le plan européen, la formation et le développement ont fait l’objet d’économies. Le résultat de ces deux mouvements inverses place, en 2006, la Belgique au niveau de la médiane européenne. Une étude du service Public Fédéral Économie a révélé que les hommes bénéficiaient en moyenne de cinq heures de formation de plus que les femmes. Autre élément remarquable à ce sujet : en Belgique, une heure de formation coûte davantage qu’une heure de formation dans le reste de l’Europe (médiane de 36,2 € en Belgique par rapport à 29,5 € au niveau européen). Notre manque d’économies d’échelle en serait-il responsable ? Les conjectures sur le pourquoi de cette situation vont bon train.

De nombreux cadres belges se plaignent de la rotation (plus) élevée de personnel ces dernières années. PwC s’est également penchée sur ce phénomène. Qu’en est-il ? En réalité, les départs de personnel forment une courbe descendante. Le nombre de travailleurs démissionnaires (départs volontaires) était d’environ 16 % en 2006. PwC s’attend toutefois à ce que ce chiffre augmente au cours des prochaines années en raison de la pénurie de talents sur le marché de l’emploi.



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« PricewaterhouseCoopers » désigne le réseau des sociétés membres de PricewaterhouseCoopers International Limited, chacune d’entre elles formant une entité distincte et indépendante sur le plan juridique


Information pour les rédactions :

Le rapport de cette étude intitulée ‘Key trends in Human Capital’ est consultable sur : www.pwc.be .

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