Pharma 2020
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LA VALEUR DU MARCHE PHARMACEUTIQUE MONDIAL DEVRAIT PLUS QUE DOUBLER A L'HORIZON 2020 POUR ATTEINDRE 1.300 MILLIARDS US $: L'INDUSTRIE DOIT S'ADAPTER POUR EXPLOITER AUX MIEUX LES NOUVELLES POSSIBILITES
Selon un nouveau rapport sur l’avenir de l’industrie pharmaceutique publié aujourd’hui par PwC, le marché pharmaceutique mondial aura plus que doublé en termes de valeur à l’horizon 2020 pour atteindre 1.300 milliards d’USD. Cette augmentation est alimentée par une demande mondiale croissante en médicaments et traitements préventifs qui est proportionnelle à la croissance, au vieillissement, au degré d’obésité et à la prospérité de la population.
En 2020, les pays E7 (Brésil, Chine, Inde, Indonésie, Mexique, Russie et Turquie) pourraient représenter pas moins d’un cinquième des ventes pharmaceutiques mondiales. Par ailleurs, les maladies chroniques dans les pays en développement ressembleront de plus en plus à celles observées dans le monde développé. Cependant, le rapport de PwC indique que le modèle d’exploitation actuel de l’industrie pharmaceutique n’est pas viable sur le plan économique ni capable sur le plan opérationnel pour produire suffisamment vite les types de traitements innovants demandés par les marchés mondiaux. Afin de tirer parti au maximum de ces possibilités de croissance, l’industrie doit complètement revoir son modus operandi.
Intitulé « Pharma 2020: The Vision - Which Path Will You Take? », le rapport PwC soutient qu’en dépit d’une demande mondiale sans précédent pour ses produits, l’industrie pharmaceutique est arrivée à un tournant décisif pour exploiter sa capacité à capitaliser ses opportunités. Les entreprises pharmaceutiques sont confrontées à une pénurie de nouveaux composants dans le pipeline, à des performances financières médiocres¹, à une augmentation des dépenses de ventes et de marketing, à une augmentation des contraintes et défis légaux et réglementaires et à une réputation ternie. Dans le même temps, les payeurs et les fournisseurs de soins de santé du monde entier ont reconnu que les niveaux actuels de dépenses en soins de santé ne sont pas viables à moins que les traitements fournissent des avantages plus visibles en termes de soins et de coûts à long terme.
Le Dr Steve Arlington, responsable mondial du pôle recherche pharmaceutique au sein de PwC et principal auteur du rapport, émet les commentaires suivants :
« L’industrie pharmaceutique ne sera pas en position de force pour capitaliser les possibilités à moins qu’elle n’améliore la productivité de sa R&D. Le principal défi de cette industrie est l’absence d’innovation. En effet, elle investit aujourd’hui deux fois plus pour la R&D qu’il y a dix ans pour produire trois cinquièmes de nouveaux médicaments en moins. Ce modèle d’exploitation n’est tout simplement pas viable.
Ces dix prochaines années, l’industrie devra transposer ses investissements de la vente et du marketing vers la recherche. La stratégie traditionnelle de l’industrie pharmaceutique – miser gros sur quelques molécules phares, les doubler d’une campagne marketing de grande envergure ciblant les soins de santé primaires en espérant ainsi obtenir un médicament vedette et doper les ventes – ne sera plus suffisant. Il importe désormais de concentrer les énergies sur le développement de médicaments préventifs, thérapeutiques ou curatifs. Ils doivent démontrer des effets tangibles et répondre à des besoins médicaux inassouvis. Les pouvoirs publics et les payeurs doivent jouer leur rôle et s’assurer que l’industrie est récompensée pour ces efforts. »
Voici quelques-uns des principaux changements prévus par PwC pour l’industrie pharmaceutique.
- Il convient de se concentrer davantage sur les résultats. En se concentrant sur les données des résultats et de leur mesure, l’industrie pourra accélérer le développement de produits, les décisions de tarification et de remboursement, et les accords de partage des risques entre l’industrie, les payeurs et les fournisseurs de soins de santé et les régulateurs. Les entreprises prospères prouveront que leurs produits sont efficaces et génèrent de la valeur ajoutée. Les entreprises seront récompensées avec un prix correct pour les nouvelles thérapies en fonction du niveau d’amélioration par rapport aux médicaments existants. Les accords de partage de risques tendront à se généraliser et prévoiront une adaptation des prix des médicaments en fonction des résultats et des données d’analyse démontrant leur efficacité.
- La gestion de la conformité, du respect du traitement, devient une activité win-win pour les patients, payeurs et fournisseurs. Les solutions destinées à surveiller et à assurer que les patients poursuivent leur traitement pourraient générer plus de 30 milliards d’USD de revenu par an en nouvelles ventes et amélioreraient les résultats des traitements et la sécurité des patients. Une étude américaine a montré que 20 pour cent des Américains ne respectent jamais leurs prescriptions médicales ou utilisent les médicaments destinés à d’autres patients, et que 60 pour cent des patients sont incapables d’identifier les médicaments qu’ils prennent. Cette situation affecte non seulement la sécurité et les résultats des traitements, mais crée également des risques et des pertes de revenu pour les entreprises pharmaceutiques. Ces dernières devront revoir leur position, utiliser de nouvelles technologies et mettre au point des techniques de surveillance personnalisée du respect du traitement, un nouveau service à valeur ajoutée pour les patients, payeurs et fournisseurs. Une amélioration de la discipline des patients permettra également d’améliorer l’efficacité des études cliniques et leurs résultats.
- La priorité passera du traitement à la prévention. Les soins de santé préventifs représentent une chance considérable tant pour les fournisseurs de soins de santé que pour l’industrie pharmaceutique. Aujourd’hui, seuls trois pour cent des dépenses de soins de santé sont consacrés à la prévention dans les pays de l’OCDE alors que l’OMS indique que 80 pour cent des maladies cardiovasculaires, attaques et diabètes et 40 pour cent des cancers pourraient être évités. En reconnaissant la rentabilité de la prévention des maladies au sein de la population en bonne santé plutôt que le traitement de la population malade, l’industrie pharmaceutique entrera dans l’ère de la gestion sanitaire, avec des programmes de bien-être, la surveillance du respect du traitement, des vaccinations et d’autres services à valeur ajoutée. Aujourd’hui, 245 vaccins purs et 11 vaccins combinés sont en développement clinique et le marché devrait représenter 42 milliards d’USD en 2015.
- De nouvelles technologies stimuleront la R&D. Des changements technologiques au sein de l’industrie pharmaceutique induiront une refonte des stratégies commerciales des entreprises pharmaceutiques. Le rôle des diagnostics étayés par la génétique dans le développement de médicaments personnalisés a déjà raccourci le cycle de R&D de ces produits. La poursuite des recherches sur le génome humain ouvrira un nouveau monde de possibilités en science moléculaire et de nouvelles manières d’appréhender les cibles. Ces nouvelles technologies seront utilisées pour améliorer la compréhension des maladies et rapprocher les données génomiques et cliniques. Le développement de plateformes de fourniture moléculaires pourrait accélérer le développement de nouveaux produits qui valoriseraient les plateformes existantes/approuvés. La convergence des appareils médicaux et thérapeutiques, qui a commencé avec la perfusion, se poursuivra et évoluera de plus en plus en améliorant l’efficacité et en réduisant le profil de risque de nombreux agents thérapeutiques existants.
- L’actuel processus linéaire de R&D s’effacera devant les essais en continu et au concept de licence évolutive (live licensing). L’actuel modèle de R&D comprenant les essais cliniques en 4 phases qui aboutit normalement à une la délivrance d‘une autorisation de mise sur le marché sera remplacé par un modèle d’essais en continu accompagnés de licences évolutives, en fonction des performances du médicament pendant son cycle de vie. L’industrie effectuera des essais cliniques de moindre envergure mais plus ciblés en partageant en permanence les résultats avec les régulateurs. Si les tests confirment l’innocuité et l’efficacité d’un médicament, une licence évolutive sera délivrée et permettra à l’entreprise de commercialiser le médicament à petite échelle. Les essais en continu ultérieurs permettront d’étendre la licence afin de couvrir, soit un nombre plus large de patients, soit une population différente de patients.
- Renforcement de la coopération réglementaire internationale. Plusieurs régulateurs régionaux et nationaux ont déjà commencé à collaborer en partageant des données de sécurité et d’efficacité. Un système réglementaire mondial pourrait ainsi voir le jour à l’horizon 2020. Il serait géré par les agences fédérales ou nationales responsables de l’adéquation entre les nouveaux médicaments et les besoins des populations de patients dans leurs domaines respectifs. Un tel système pourrait contribuer à enrayer l’inflation des coûts réglementaires et à réduire la durée de mise sur le marché.
- Le modèle des médicaments vedettes, les « blockbusters » est appelé à disparaître. Il sera remplacé par des forces de vente moins nombreuses, plus intelligentes et plus efficaces sous la direction de gestionnaires de gros clients qui négocieront des contrats sur la base d’une adjudication en fonction des résultats et avantages thérapeutiques. La priorité absolue sera désormais de savoir qui peut ajouter le plus de valeur et non pas qui peut vendre le plus de pilules. En vertu de ce modèle, la plupart des entreprises pharmaceutiques vendront des solutions intégrées de médicaments et de services, certains services, comme la surveillance du patient et la gestion des maladies, devenant même plus lucratifs que les médicaments.
- Les fonctions de la chaîne logistique (Supply chain) vont devenir génératrices de revenus. La future chaîne logistique sera responsable non seulement de la distribution de tous les produits et services, mais également de la création de nouveaux canaux de commercialisation des produits. Elle est donc appelée à générer des revenus plutôt que des coûts. Par ailleurs, à l’horizon 2020, les thérapies seront probablement du type MTO, c’est-à-dire sur commande, plutôt que du type MTF, en fonction des prévisions, et l’industrie pharmaceutique utilisera sans doute une fabrication et des techniques de livraison à « flux tendus » inspirées d’autres secteurs comme la construction automobile.
- Des canaux de distribution plus sophistiqués « en direct avec le consommateur » réduiront le rôle des grossistes. Aujourd’hui, la distribution de l’industrie pharmaceutique dépend largement des grossistes. Ce système sera supplanté à l’avenir par la croissance du secteur de l’automédication (OTC, sans ordonnance) et l’avènement de nouvelles technologies permettant la livraison automatique des médicaments au consommateur sans intermédiaire. La gestion des prescriptions pour la plupart des médicaments de soins de santé primaires sera complètement automatisée : le médecin rédigera les prescriptions, vérifiera les critères de remboursement et téléchargera le script sur la carte santé des patients ou le compte e-mail. Les patients pourront ensuite transmettre le script à une pharmacie en ligne qui vérifiera l’identité en utilisant un appareil biométrique à base web et enverra le médicament à l’adresse indiquée.
Simon Friend, responsable pharmaceutique mondial de PwC, conclut en ces termes :
« Les entreprises pharmaceutiques président de moins en moins à leur destinée. À l’avenir, l’industrie pharmaceutique devra prendre conscience de l’émergence d’une dynamique des soins de santé alimentée par les demandes des payeurs, patients, médecins, régulateurs et décideurs politiques. Si l’industrie entend relever ces défis mondiaux, elle doit remanier son modèle d’exploitation, mais elle ne peut y arriver seule. Cette évolution exige en effet la collaboration entre tous les groupes participant à la fourniture des soins de santé futurs. »
Notes à l’attention de la rédaction :
- Entre le 30 mars 2001 et le 30 mars 2007, l’indice pharmaceutique mondial FTSE a augmenté de 1,3% alors que le Dow Jones World Index affichait une croissance de 34,9%.
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