La Gestion Des Risques ne parvient pas a tenir ses promesses, révèle une étude
Bruxelles, le 07 mars 2007 - La gestion des risques a fait l’objet d’une attention considérable de la part de l’industrie dans le cadre de la vague de réformes législatives telles que Bâle II et Sarbanes Oxley, mais une enquête auprès de plus de 400 cadres travaillant dans le secteur des services financiers a révélé des préoccupations largement répandues au sujet du fait que la gestion des risques ne tient toujours pas les promesses qu’elle devrait réaliser. Lorsque l’attention des législateurs se portera sur un autre secteur, la dynamique visant à intégrer correctement la gestion des risques et à en faire une discipline de base du monde des affaires pourrait se retrouver réduite à rien beaucoup trop rapidement.
Les conclusions d’une nouvelle étude de PwC réalisée en coopération avec l’EIU (The Economist Intelligence Unit), intitulée Creating Value: Effective Risk Management in Financial Services , font apparaître que malgré des investissements considérables (près d’un quart des personnes interrogées ont augmenté de plus de 25% leurs dépenses annuelles en gestion des risques d’une année à l’autre au cours de ces trois dernières années), les gestionnaires de risque ne semblent pas très sûrs que ces investissements et tous les efforts qu’ils ne cessent de faire dans ce domaine soient à même de donner de la valeur ajoutée à leur société. Seuls 50% des gestionnaires de risque de l’échantillon de personnes interrogées se sont dits convaincus que la gestion des risques avait apporté une valeur ajoutée beaucoup plus importante qu’il y a trois ans. Le verdict des cadres occupant d’autres fonctions a été encore plus négatif, puisque seuls 23% ont déclaré que l’amélioration apportée était substantielle. Au total, moins d’une personne sur dix a estimé que la gestion des risques était d’une efficacité permettant à la direction d’une société de prendre de meilleures décisions commerciales.
Richard Smith, associé de PwC LLP, indique:
“Les cadres supérieurs qui se soucient des résultats nets et de la valeur de la marque sont extrêmement conscients des dégâts qui peuvent se produire ou des occasions que l’on peut manquer en l’absence d’une gestion correcte des risques. Mais notre étude laisse à penser que la gestion des risques reste sous-estimée à bien des égards.
“A mesure que l’industrie s’attaque à la mise en oeuvre des exigences de textes tels que Bâle II, tous les cadres d’une société ont besoin de fournir leur part d’efforts, que leurs fonctions concernent ou non la gestion des risques, et de démontrer comment la gestion des risques peut avoir un impact commercial concret sur l’ensemble de leur organisation, faute de quoi ils risquent de voir leur direction cesser de s’y intéresser.”
L’étude a également révélé qu’il était fréquent que le reste de l’entreprise ne s’adresse pas de façon proactive au service de gestion des risques. Plus de la moitié des personnes interrogées ont reconnu qu’il n’existait aucune évaluation structurée des risques au niveau de certaines des activités commerciales les plus vitales de leur organisation et qu’il arrivait souvent que les gestionnaires de risque ne participent pas à des activités d’importance clé pour l’entreprise, telles que l’établissement d’alliances, la réalisation de fusions ou d’acquisitions, l’établissement des prix, ou les politiques de recrutement et d’indemnisation.
Richard Smith, associé de PwC LLP, poursuit en ces termes:
“Une grande partie des personnes interrogées semblent avoir encore des difficultés à gérer efficacement des sources de risque moins traditionnelles et moins tangibles comme les risques liés à la réputation et aux personnes, alors que ces formes de risque figurent parmi les plus urgentes qui se posent aux institutions financières.”
Mais il ne faudrait pas prendre cette frustration pour du défaitisme, car on commence à deviner les contours d’un agenda qui se redessine. Alors que les personnes interrogées continuent de penser que la législation restera le principal moteur du changement en ce qui concerne la fonction de gestion des risques, ce facteur a été cité par un nombre considérablement plus réduit de personnes lorsqu’elles ont envisagé les trois ans à venir. Davantage de personnes s’attendent maintenant à ce que ce soit l’objectif d’accroître la valeur de la gestion des risques pour l’entreprise qui soit un moteur de changement.
Eddy Schuermans, associé de PwC, fait observer:
“Vue de façon simple, la gestion des risques a pour objectif d’éviter les pertes et de réaliser des gains. Mais la valeur ajoutée de la gestion des risques va bien plus loin que cela. Elle peut aussi rehausser la réputation d’une société auprès de ses clients et des autres parties prenantes, réduire les coûts financiers, maintenir la capacité d’investissement et sa souplesse, fournir de meilleures données de gestion et permettre une définition des prix plus compétitive.”
Quelques grandes institutions financières ont déjà fait beaucoup pour que la gestion des risques devienne une discipline de base de leur entreprise, par exemple en intégrant les gestionnaires de risque et leurs activités au sein des activités frontales de la société. D’autres ont renforcé l’intégration entre le poste de gestion des risques et le poste des finances afin d’apporter un meilleur appui à la gestion des capitaux, à la planification stratégique et aux procédures relationnelles avec les investisseurs.
Eddy Schuermans, associé de PwC, conclut en ces termes:
“Les gestionnaires de risque vivent actuellement une période riche en défis mais tout à fait passionnante. C’est si l’on reconnaît de plus en plus que la gestion des risques est un élément fondamental de la bonne gestion d’une entreprise que les gestionnaires de risque auront la possibilité de se servir de leur influence et de leurs compétences pour accroître les performances commerciales à tous les niveaux et produire une véritable valeur ajoutée.”
Notes à la rédaction:
- Le groupe de services financiers de PwC a publié un certain nombre d’études majeures en coopération avec l’EIU (The Economist Intelligence Unit) pour traiter des grandes questions stratégiques auxquelles est confrontée l’industrie des services financiers. Il est possible de télécharger à partir de notre site Web les rapports précédents, qui portent sur les capitaux économiques, l’offshore, la croissance, l’amélioration des performances, la gouvernance, le rétablissement de la confiance du public, les Normes Internationales d’Information Financière, la conformité aux exigences, la restructuration et la gestion des richesses, à l’adresse : www.pwc.com/financialservices
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